Après un rapport non protégé ou un préservatif qui a cédé, deux comptes à rebours démarrent en même temps, et ils n’ont ni la même durée ni le même objet. L’un concerne le risque de grossesse, l’autre le risque infectieux. Cet article traite du premier.

Le principe tient en une phrase : plus c’est tôt, plus c’est efficace. Tout le reste en découle.

Trois options, trois délais

Solution Délai maximal Ordonnance
Lévonorgestrel 72 heures (3 jours) non
Ulipristal acétate 120 heures (5 jours) non
Dispositif intra-utérin au cuivre 5 jours oui, avec pose

Ces délais sont des limites, pas des objectifs. Une pilule prise à la soixante-dixième heure reste dans les clous du lévonorgestrel, mais son efficacité n’a rien à voir avec celle d’une prise le matin même.

Le dispositif intra-utérin au cuivre est la solution la plus efficace des trois. Il est aussi le moins spontané : il suppose une consultation et une pose par un professionnel dans le délai de cinq jours. Il présente un avantage que les deux autres n’ont pas — il reste ensuite en place comme contraception régulière.

Comment ça marche, et pourquoi le délai compte

La contraception d’urgence hormonale retarde l’ovulation. C’est tout son mécanisme, et c’est ce qui explique le compte à rebours : si l’ovulation a déjà eu lieu, le comprimé n’a plus de prise.

Deux conséquences pratiques souvent ignorées :

  • elle n’interrompt pas une grossesse déjà commencée, elle l’empêche de débuter ;
Horloge murale dans une pharmacie, rayonnages en arrière-plan
72 heures, 120 heures, 5 jours : trois solutions, trois compteurs différents.
  • son efficacité dépend du moment du cycle, ce qui rend toute estimation personnelle hasardeuse. D’où la règle unique : le plus tôt possible.

Un point technique à connaître, parce qu’il annule silencieusement la prise : en cas de vomissements dans les trois heures ou de diarrhée dans les dix heures, il faut reprendre un comprimé.

Où se la procurer

  • En pharmacie, sans ordonnance, à tout âge. En dehors des horaires, la pharmacie de garde se trouve en composant le 3237.
  • En centre de santé sexuelle et en CeGIDD, gratuitement.
  • À l’infirmerie scolaire ou universitaire, gratuitement et de façon anonyme.

Sur le coût : avant 18 ans, elle est gratuite et anonyme. À partir de 18 ans, elle est prise en charge à 100 % avec une couverture sociale. Sans couverture sociale, elle reste gratuite en centre de santé sexuelle et en CeGIDD.

Une précision utile, car on lit souvent l’inverse : l’affirmation « gratuite pour toutes sans condition » est inexacte. Santé publique France distingue bien les moins de 18 ans des majeurs.

L’autre compte à rebours

Un rapport qui justifie une contraception d’urgence est, le plus souvent, un rapport non protégé. Le risque infectieux existe donc aussi, et la pilule d’urgence n’a aucun effet dessus.

Horloge murale dans une pharmacie, rayonnages en arrière-plan
Sans ordonnance, à tout âge, et gratuite avant 18 ans.

Trois choses à considérer dans la foulée, dans cet ordre de priorité :

  1. Le traitement post-exposition au VIH, s’il y a eu un risque : à commencer idéalement dans les quatre heures, au plus tard quarante-huit heures. Aux urgences à toute heure, ou en CeGIDD.
  2. La contraception d’urgence, selon le calendrier ci-dessus.
  3. Le dépistage, plus tard : six semaines pour une prise de sang du VIH, trois mois pour un autotest.

Les deux premiers sont urgents, le troisième suppose au contraire d’attendre que les tests deviennent fiables. C’est contre-intuitif, et c’est pourtant ce qui détermine l’ordre des démarches.

Après

La contraception d’urgence porte bien son nom : elle répond à un accident, pas à une organisation. Si elle revient plusieurs fois, la question qui se pose n’est plus celle du comprimé mais celle de la contraception régulière, et elle se discute avec un professionnel.

Les règles suivantes peuvent être décalées de quelques jours après la prise. Un retard de plus d’une semaine justifie un test de grossesse.


Informations vérifiées en octobre 2026 auprès de Santé publique France. Elles ne remplacent pas une consultation. En cas de doute, un pharmacien répond immédiatement et sans rendez-vous.